L’INTERVIEW IMAGINAIRE - Philippe Body

De quand datent tes débuts en photographie ?

Mon père m’a initié à la prise de vue quand j’avais 15 ans et je m’amusais à faire des images en Noir et Blanc avec son Rétinette Kodak. Ensuite, je me suis inscrit dans un club photo et j’ai commencé à dévorer tous les bouquins photos sur lesquels je pouvais mettre la main.

Ton premier boîtier ?

Un Canon AE1 – acheté avec ma première paye. Un vrai bonheur ce boîtier. Et avec lui j’ai pu commencer la couleur.

Tu as arrêté le Noir et Blanc ?


Du jour où j’ai vu le travail de Ernst Haas - des cartes postales à l’époque – puis son livre « Créations ». Le travail d'Ernst Haas a été une vraie révélation pour moi. Il m’a fait voir en couleur. Ceci dit, ma bibliothèque est pleine de livres de gens travaillant en Noir et Blanc, comme Salgado, Mary Ellen Mark, William Klein et tant d’autres, mais en ce qui me concerne je vois en couleur.

Comment as-tu appris la technique, le métier ?


Sur le tas. Dans les livres des photographes, auprès des iconographes et des rédac-chef des magazines. Tu veux améliorer tes cadrages ? Jettes donc un œil au travail de Rodtchenko. Tu veux faire des portraits de groupes ? Giorgia Fiorio devrait t’intéresser … et ainsi de suite les grands photographes ont des tas de choses à nous enseigner. En fait comme tous les autodidactes, je n’arrête jamais de remettre le couvert. On apprend toute sa vie et c’est très bien comme ça.

Tes débuts en tant que professionnel ?

Laborieux ! Je vends mes premiers sujets en 88 à de petits magazines. En 1991, avec ma compagne Nathalie, nous réalisons un reportage sur un projet de barrages en Inde. C’est notre première grosse histoire. On a plusieurs bonnes publications et en 1995, je rentre chez Hoa Qui. C’est dans cette agence, spécialisée dans la photo de voyage que je m’épanouis. On me confie mes premiers travaux de commande, sur la France puis sur l’étranger.
On voyageait beaucoup et longtemps à ce moment là. On est dans les premiers photographes à aller au Vietnam et un livre sort en 96, au Chêne, en collaboration avec Jean-Léo Dugast. Je fais beaucoup de reportages aussi dont certains diffusés par l’agence Icône, d’autres vendus en direct. Pendant une dizaine d’années, j’alterne, travaux de commandes pour l’agence, reportages persos et photo d’illustration. Ensuite, les choses se gâtent un peu et Hoa Qui qui a été rachetée par Hachette et fait désormais partie du groupe Gamma-Rapho a des problèmes financiers. Bref, en 2007, je quitte Hoa Qui pour l’agence Hémis, une petite structure spécialisée dans la photo de voyage d’illustration haut de gamme.

Quand es tu passé au numérique ?


Dès 2000, avec le Coolpix 5000 acheté pour un reportage dans un train. Mais seulement depuis 2008 pour mon travail personnel. Il est devenu impossible pour un photographe de reportage de continuer en tout argentique. C’est trop cher et trop gourmand en temps. Ceci dit, le numérique a fait de réels progrès et les couleurs sont enfin naturelles.

Comment travailles tu en postproduction ?

Je trie avec Lightroom, et traite aussi les photos de commande avec ce logiciel. Pour les travaux plus perso, je travaille avec Capture NX, Photoshop et quelques petits programmes dédiés, pour la réduction du bruit par exemple. Pour les scans, j’utilise un Nikon cool Scan V.

Est-ce que tu retouches les couleurs de tes images ?
Non, mes boîtiers sont réglés pour me donner un rendu proche de celui que j’avais en diapo. Je peux toucher au contraste, à la luminosité mais pas aux couleurs car cela affecte l’ambiance. La bonne lumière, ça se mérite, ça ne se créé pas à l’ordinateur !

Les projets ?
Depuis quelques années, nous travaillons sur des projets pour l’édition. Le Cambodge et l’Inde en ce moment. Nous avons aussi ouvert une galerie photo à Fontevraud l’Abbaye où nous proposons des tirages de qualité, de photos de la Loire. Enfin, depuis 2 ans, je propose mes propres stages photos. Et toujours le voyage bien sûr.

Tu as aimé cette inetrview ?


Oui, c’est encore mieux qu’en vrai !!

L’INTERVIEW IMAGINAIRE - Nathalie Body

De quand datent tes débuts en photographie ?

Un Noël, Philippe m’offre un boîtier et un objectif. J’ai compris le message plus tard : tu devrais te mettre à la photo sinon tu vas t’ennuyer pendant que j’en ferai …

Et alors ?

Ca m’a plu, mais ça m’a pris du temps pour le reconnaître. C’est dur la photo pour les timides !


Ton premier boîtier ?

Je ne m’en rappelle plus. J’arrive à peine à m’intéresser au nom du dernier.


Couleur ou Noir et Blanc ?

Couleur, je ne suis jamais passé par la case labo. J’aime le Noir et Blanc chez les autres photographes.


Lesquels par exemple ?

Mary Ellen Mark, Koudelka, Salgado, Eugène Smith, Pascal bernard ...

Comment as-tu appris la technique, le métier ?

Pas de souci, j’avais un prof dans les pattes en permanence. Ce n’est sans doute pas la meilleure manière d'apprendre mais quand tu voyages avec quelqu’un qui connaît déjà, c’est de bonne guerre. Ceci dit la technique ne me passionne pas. On n’a pas besoin de maîtriser tant de choses que ça pour faire une image. L’essentiel c’est le regard et savoir ce que l’on veut exprimer. A force de regarder encore et encore on finit par voir.
Au début, on mélangeait nos photos dans les sujets, sans préciser les noms puis mon style s’est affirmé et les iconos reconnaissaient mes images.


Tes débuts en tant que professionnel ?

Je suis entré à l’agence Hoa Qui en 1999. Je n’y mettais pratiquement jamais les pieds par timidité mais j’avais du respect pour l’équipe et je m’y sentais bien. J’ai résisté aux 3000 changements de nom de l’agence et j’espère que les choses vont repartir avec Gamma-Rapho.
J’ai réalisé de grosses productions avec Philippe pour cette agence et j’aime le côté boulot de ce genre de travail. Ca donne du recul sur ses propres projets.


Quand es tu passé au numérique ?

Quand mon cher et tendre m’a remplacé mon boîtier argentique par un numérique. Je ne m’intéresse pas au matériel, mais le numérique m’a simplifié la vie côté exposition par rapport à la diapo et je peux aussi faire plus d’essai. Un appareil reste un appareil au final, même si c’est sympa de voir la photo tout de suite !

Comment travailles tu en postproduction ?

Je fais ma sélection et ... onpeut changer de question ?

Les projets ?

Un travail sur l’Inde mêlant photo et collage. Incredible.


Tu as aimé cette interview ?

Oui, c’est encore mieux qu’en vrai !!

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